Think 21 galleryChapter 15Jeanne Susplugas |
Maliestraat 21 Rue du Mail |
fr Jeanne Susplugas
11 septembre - 30 octobre 2010
Pour sa deuxième exposition personnelle a la galerie Think.21, Jeanne Susplugas
(née à Montpellier, 1974) présente un ensemble d’oeuvres récentes autour du concept «d’habiter», qui s’inscrit dans le prolongement de ses projets tels que Home à la Maison des Arts de Malakoff (2009) et House to House au Wharf Centre d’Art Contemporain de Basse-Normandie (2010).
« Les sphères sont des créations d’espace à effet immunitaire pour des êtres ek-statiques
que travaille l’extérieur »
P.Sloterdijk
Ce ne sont pas seulement les premières propositions, fondatrices, de La maison malade, intérieur entièrement couvert d’emballages pharmaceutiques hétérogènes, ni les structures architecturales qui suivront, mais, par fragments, toute la production de Jeanne Susplugas qui interroge la notion de « l’habiter ».
Corridor et Womb for rent, sont autant d’images, d’expressions, et de gestes appartenant à ce corpus, synthétisés sous des formes variées, du dessin, à la photographie en passant par la performance. Jusqu’à la mise en oeuvre d’un projet global tel que Home (exposition personnelle à la Maison des Arts de Malakoff) qui marque comme un point d’aboutissement du travail.
La démarche anthropologique de Jeanne Susplugas renvoie à la violence et aux dérives de la société contemporaine : dépendance – aliénation – solitude - cynisme. Avec une esthétique minimale, elle explore scrupuleusement nos univers intimes, nos comportements, et la manière dont la société nous fige dans des désirs éphémères.
À travers ces thématiques, c’est l’intimité et son contexte qui sont visés, l’espace domestique, en premier lieu, et plus largement la construction de notre espace à l’intérieur du monde. Cet être-sur-la terre dont parle Heidegger. Habiter, donc, développer un rapport au monde, avoir ses habitudes dans le quotidien, construire des lieux, des espaces, habiter son corps, construire sa personnalité.
Les maisons, structures autonomes développées par l’artiste depuis 1999 concentrent les enjeux majeurs du travail. Elles définissent ce rapport de l’individu à la société et à l’espace. Symbolisant à la fois ce lieu de l’intime, une enveloppe protectrice, elles peuvent tout autant incarner l’aliénation et l’isolement.Cette ambivalence sensible se retrouve par exemple dans Light house, 2009, qui évoque l’addiction aux rituels quotidiens.
Light house est l’une des oeuvres essentielles de cette exposition. Elle s’apparente à une cage faite de fils de lumière circulaires, dans laquelle on peut entrer. La lumière intense qu’elle dégage nous isole de l’extérieur, et nous attire dans un même temps, provoquant une désorientation du corps et un apaisement comparable aux effets de certaines drogues.Selon l’artiste, «en psychiatrie, l’addiction est souvent décrite comme un processus dans lequel s’enferme progressivement une personne, au début par plaisir ou pour y trouver refuge, jusqu’au moment où cette confortable maison devient une "prison".